Pour rejoindre Sorata, a l'extrême nord de la Cordillère Royale (Cordillera real), il faut s'arrêter en chemin a Huarina sur la route de la Paz et tenter d'attraper un autre bus pour Sorata ensuite. Huarina est un sorte de bled paume au bout du lac Titicaca. Nous traversons le lac sur un sorte de barque pour bus, pas de pont ici évidemment, même si un projet d'architecture serait très intéressant ici, mais ce ne serait pas rentable... les locaux font payer les barques, et le fait d'arrêter les bus, un commerce s'est développé ici, intéressant.
A Huarina, nous tentons le stop. Un bon vieux camionneur bolivien nous prête ses 2 sièges avant, nos sacs sont a l'arrière avec la cargaison. Le type habite Sorata, il achète ses produits (yaourt liquide, muffins aux chocolat) a la Paz, et revend tout ça a Sorata. Il fait une chaleur a crever dans son camion, et le type porte un bonnet sous lequel il transpire grosse goutte, ses yeux sot mis clos en permanence, il arbore un sourire un peu niais quoique sympathique, cherche tout le temps a blaguer, et marmonne souvent dans son menton. Vraiment un drôle de type, avec qui nus échangeons pas mal. Il nous sort des cartons de muffins du coup et des yaourts liquides, a volonté! Le voyage dans son camion est plutôt lent par contre, mais la route est superbe les sommets blancs de la Cordillère Royale se dévoile progressivement a nos yeux dans toutes leur splendeur.
![]() |
| Huarinaaaaa! (dedicace aux potos pour le voyage en italie) |
Finalement le type s'arrête dans un petit village non loin de la ville pour décharger une partie de sa cargaison, mais son acheteur n'est pas la on doit attendre... On part jouer au foot dans le bas du village avec les écoles, mais rebroussons chemins finalement... l'idée de laisser nos sacs dans le camion ouvert ne me semble pas très judicieux, quelque soit la confiance dans le chauffeur. Un peu déçu, il nous laisse partir et tenter de prendre un autre bus pour Sorata... mais tout se paye en Bolivie, nous devons donc payer la course comme si nous avions pris le bus. Tant pis l'experience était drôle et nous voila repu!
![]() |
| Dans la rue a Sorata |
A Sorata, nous filons voir la Casa de Guia afin de voir la faisabilité de notre projet. Ils nous assurent a 200% (bien sur) qu'un guide pour atteindre la Laguna Glaciar est indispensable, il parait que le chemin est introuvable, et que des miniers gardent les routes et demandent de l'argent en plus... mais un guide est cher, nous optons pour une solution parallèle, un Arriero!Un "Arriero" est en fait simplement un habitant local de la région (paysan souvent) qui travail a mis-temps comme "guide", disons qu'il connaît la région et les chemins, mais n'a rien des compétences d'un guide professionnel (apprentissage technique, cuisine, sécurité, ...) et est donc payée en conséquence. Le notre a une trentaine d'année, et déjà 6 enfants, ils faut bien les nourrir et payer leur scolarisation donc en plus des champs de patates qu'il possède, il travail comme guide, il s'appel Félix. Il a le pas vif, allonge sans arrêt ses foulées comme si il était très pressée, mais est habille d'un vieux pantalon de toile, de mocassin, et d'une chemise de costard bleue, parfait pour marcher quoi! Après 1h30 de montée raide a travers champs ce qui peut s'avérer dangereux (les paysans jettent des pierres sur ceux qui traversent leur champs, logique), nous arrivons enfin au pied de sa maison, un ensemble de 3 petites bâtisses de terre formant une cours centrale, le tout accroche a une forte pente. Le bougre de Félix s'empresse d'aller chercher son sac et de le remplir de... choses et autres inutiles, plusieurs chemises de rechanges par exemple. Il est clair que le guide est loin de posséder du matériel digne de la montagne, il sort ainsi une vieille tente dont il a dut trafiquer les piquets pour qu'elle tienne encore debout. Nous repartons, Félix a chausse a présent une vieille paire de sandale noire en caoutchouc intégrale.. je le plains d'oser marcher avec ça a cette altitude. Nous continuons a grimper la pente raide, tout droit, a travers champs toujours, pour éviter la route ou l'on risque de croiser des mineurs parait-il. Dans ces conditions, en effet un guide est indispensable, il n'y a pas vraiment de chemin avant un bon moment. Nous arrivons finalement au lac au terme de 3h30 de montée épuisante au lieu des 6 prévues, Arthur est en tête, il taquine a l'avant, en pleine forme aujourd'hui avec son petit sac vert, j'ai peine a suivre le rythme. Nous installons la tente, et profitons du soleil pour faire "bronzette". Au moment de préparer le déjeuner (pattes chinoises!), le nouvelle bouteille de gaz achetée avec Arthur a Cuzco pour le Salkantay et que nous n'avions pas encore utilisée s'avère ne pas être compatible avec le but-a-gaz... C'est alors qu'un anglais débarque avec son guide au campement, il reviens du Laguna Glaciar justement, et ils redescendent avec son guide dans la vallée. Après négociations, on s'arrange pour garder leur vieux réchaud arabe qui fonctionne au kérosène. Très efficace, quoique technique a démarrer, c'est bien mieux que rien sinon nous aurions du redescendre! Un autre groupe de canadien arrive aussi, super sympa, on passeras toute la soirée avec eux a raconter des blagues sur les belges, canadiens, français... une bonne partie de rire en dessous d'un ciel remplis d'étoiles filantes!
![]() |
| Rapace. |
![]() |
| Reflet du lac. |
![]() |
| Les canadiens. |
![]() |
| Arthur. |
Réveil a 5 heure du matin après une nuit plutôt bonne a 4200m. Je pars chercher de l'eau pour le petit déjeuner, le lac a cote est remplit de petites bestioles en tout genre, sangsues (a cette altitude!?), vers solitaires, pour n'en cite que deux sympathique. Il est donc indispensable de faire bien bouillir l'eau. Pas de chance pour moi, il fait encore noir et j'ai le malheur de perde l'équilibre, je plonge un pied entier dans le lac gelé.... "Mierda!". Lorsque je reviens, Félix est afféré a démarrer le réchaud, manifestement en difficulté, et une tête affreuse, il n'a pas dormis de la nuit. Il me dit qu'il n'avait pas de duvet et qu'il a tente de dormir toute la nuit recroqueviller en boule, frissonnant a tout jamais! Je n'en crois pas mes oreilles, a 4200m, même un guide bolivien aussi solide sois-t-il, qui tente de dormir sans duvet dans une tente en ruine, c'est un imbécile ou un igniard... ou un guide qui n'a vraiment aucuns moyens, mais tout de même c'est absurde. Bref je lui prépare un bon porridge chaud au chocolat et bien sucré pour le remettre d'aplomb, ça a l'air de marcher. Nous partons donc vers 6h30, le soleil se lève doucement sur les pointes blanches autour. Nous ne marchons que depuis 5 minutes quand "rrrrruic, BAM!". Je relève le nez de mes chaussures et découvre Félix (que j'ai du mal alors a appeler le guide) les quatre fers a terre. Il a glisse sur une grande pierre lisse, forcement avec ses sandales lisses en caoutchouc... il reste un moment au sol crispe en se tenant le bras, puis se relève avec peine. Il souhaite continuer malgré la douleur qui semble intense, il repars en tête en gambadant a moitie, moitie en boitant, le bras en écharpe. Arrive a un premier col, nous lui donnons une serviette pour qu'il puisse bander un peu son poignet, impossible de le bouger, sûrement un fracture tout autre hypothèse me semble incongrue. Nous proposons sérieusement au guide de rebrousser chemin, il serait plus raisonnable de s'arrêter la, mais il insiste pour continuer, fier comme jamais de vouloir honorer sa "mission", d'être digne d'aller jusqu'au bout. Nous avançons donc encore, passons a guet par un petit torrent tellement gelé que les pierres sont plus glissantes qu'une patinoire, du jamais vu! Malgré toutes les précautions, je ne peux m'empêcher d'être trahis par l'une d'entre elles et me vit descendre dans le torrent gelé su les fesses pendant bien 5 mètres, assez spectaculaire. Plus de peur que de mal, je me relève, sans une seule égratignure, coup de chance!! Félix nous mène donc jusqu'à a une parois de pierre raide d'où de minces filets gelés d'eau s'écoulent par endroits. Il s'agit d'escalader cette parois prudemment a présent, nous décidons que Félix ne peut pas continuer, il nous indique le chemin de loin puis redescend au campement. Nous voila livré a nous même, aucune trace de chemin, nous ne tardons pas a nous perdre dans de gigantesques amas de pierriers. Je décide de continuer droit devant, le meilleur moyen est de prendre de la hauteur pour se repérer. Nous découvrons un peu en contre-bas, de l'autre cote d'une rivière, un semblant de chemin qui tente de sillonner entre de grosses pierres. Une fois sur le chemin nous découvrons quelques rares cairns que nous ne tardons pas a compléter abondamment. Nous crapahutons pour rattraper le retard, cela fait bien 45 minutes que nous cherchions notre chemin, et selon le guide nous n'aurions du mettre que 30 min a atteindre le lac. Et nous y voici enfin. Un grand lac vert forme par une langue glaciaire blanche qui s'y jette, de superbes montages rouges en contre-haut a droite, et des sommets enneigés a gauche. Au loin dans la pleine, le gigantesque lac Titicaca s'étend a perte de vue, géant du paysage au même titre de que les montagnes, celui-ci bat des records en distances a l'horizon au contraire de ses protagonistes verticales. Ces deux dimensions donne une impression de vertige. Chacun sa direction.
![]() |
| Laguna Chillatta, camp de base. |
![]() |
| En dessous, la paroie lisse que l'on viens d'escalader, nous voila perdu... |
![]() |
| Il semblerait que le lac soit juste derriere cette dune... |
![]() |
| Au loin, le lac Titicaca. |
![]() |
| Laguna Glaciar, 5100m! |
![]() |
| Glacier fortement dechiquete. |
![]() |
| Lepreux du nez, comme d'habitude, les levres c'est pas mieux. |
![]() |
| Dorsale de requin la haut. |
Nous avons mis 2h45 (malgré s'être perdu) pour grimper au lieu des 5 heures prévues, il semble que l'on soit acclimate en fin de compte, et depuis un moment. Nous descendons a pleine vitesse, se surprenant parfois a courir. En 1h15, nous voici haletant au campement, il est 11h du matin, et Félix nous attend, ravi de nous voir revenir si vite. Il est temps de l'emmener voir un spécialiste. Selon lui, sa mère va s'occuper de lui, nous somme dimanche et tout est ferme, il ira voir demain. Nous descendons jusque chez lui et rentrons alors sur Sorata avec Arthur. Belle expérience, nous avons quand même bien sympathiser avec Félix a qui nous offrons un peu d'argent pour payer le médecin, si il n'a pas de quoi se payer un duvet.....au moins qu'il se soigne. Il nous interdit en prime de demander a la maison des guides de l'aider a payer le médecin, il a peur de s'attirer des foudres et de ne plus pouvoir travailler comme guide ensuite, persuadé qu'il se feras gronder. Il est coince et seul notre aide peut le sortir de la. Je pense en tout cas que nous sommes prêt a tenter un 6000!
![]() |
| Felix le guide. |
![]() |
| Aller mon gars, ca va le faire! |
![]() |
| Portrait d'Arriero. |
![]() |
| Femme qui lave son linge dans la riviere. |
![]() |
| Sympas mes nouvelles chaussures, super tendance! |
![]() |
| Cale au soleil... |
![]() |
| Illampu - 6368m et Aconhuama - 6427m |
![]() |
| Illampu - 6368m et Aconhuama - 6427m |
![]() |
| Au loin, ce superbe sommet pointu, Condoriri 5648m, la tete du condor entouree de l'aoile gauche et l'aile droite! (je ne sais pas encore mais je vais le tenter!) |







































Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire