Nous sommes Jeudi 21 Mars, je suis rentré hier de mon ascension du Cotopaxi. Le temps de faire une machine et de prendre ma douche chaude temps rêvée, je repars dans les 4000m pour aller admirer le Laguna Quiotoa. Il s'agit en fait d'un cratère de volcan qui n'est plus en activité, enfin officiellement en tout cas... C'est donc une montagne creuse, comme un oeuf a la coque, il ne reste pus rien d'un quelconque sommet, et le cratère s'étend sur 3 kilomètres de diamètre tout de même, et 230m de profondeur. La légende veut que le Dieu du lac, Quilotoa, n'aimait pas son reflet du dieu du ciel dans son eau et fit exploser a plusieurs reprises le volcan en se bataillant avec le ciel, rasant tout autour de lui. Évitons de titiller ce lac. Un trek fameux consiste a en faire le tour par un certain nombre de petits villages sur 3 jours, mais on peut tout aussi bien faire le tour de crête du cratère en 4-5 heures. Bon pour cela il faut déjà atteindre la ville de Latacunga a 2h30 de Quito en bus. De la je récupère un autre bus pour Zumbahua, petite ville connue pour son marche du dimanche, et de Zumbahua il faut héler une camionnette sur la route pour rejoindre Quilotoa.
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| Latacunga |
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| L'attente du bus 2eme bus.. |
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| L'une des manieres latino-americaine de porter un enfant. |
Sur le trajet entre Latacunga et Zumbahua, le paysage se fait de plus en plus montagneux, les paturages verts se transforment progressivement en montagne vertes. La lumiere orageuse est superbe, la route sillonne, creusee a meme la roche volcanique dont on peut lire le developpement par les strates successives.
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| Finalement on est bien dans ce bus a l'abris... |
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| La pluie fait des ravages, 5cm d'eau partout dans la ville en 5 minutes! |
Je m'arrete donc pour la nuit a Zumbahua car il est trop tard pour rejoindre directement le cratère. A la sortie du bus, 3 ou 4 gars se jettent sur moi pour me proposer une auberge, la concurrence fait baisser les prix et finalement je dégote une chambre simple avec douche chaude privée et télé dans cet endroit perdu... 5$, plutôt honnête, c'est le prix d'un camping! Alors que je me ballade dans la petite ville entourée de dômes montagneux verts et que le soleil achève la journée dans un rouge rose pale, coupure d'électricité générale! C'est assez fréquent en fait, que ce soit a Quito ou ici, encore plus courant (et mois de courant...haha) quand il pleut aussi. Je peine donc a trouver de quoi me restaurer et finis par trouver un
Merienda (équivalent de l'Almuerzo du midi, sorte de plateau repas complet) que je déguste a la lueur de bougie dans le calme de la petite bicoque sombre.
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| Zumbahua |
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| Les tissus a tout porter |
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| Petit dejeuner copieux, riz, ratatouille, oeufs, viandes.... pas toujours evident le matin. |
Au petit matin, je tombe en sortant de l'auberge sur une camionnette qui file sur Quilotoa, il est 8h30. Quilotoa est un tout petit village, qui s'est développé rapidement, uniquement pour le tourisme, on y trouve donc des quantités d'auberges, et de souvenirs-attrapes-touristes. Malgré tout l'ambiance est tranquille, ce n'est pas la haute saison heureusement. Je me fais embarquer par toute une famille dans sa
Muy Bonito Hostal... Mouai, plutôt rudimentaire mais ça feras l'affaire. Un lit double et un poêle a bois, pas de salle de bain mais ça je m'en rend comte trop tard... haha il faut bien se faire avoir de temps en temps. A 50m, la falaise tombe a pique, c'est le cratère, mais celui-ci est remplit d'eau, d'où
Laguna Quilotoa. Une fois en bas, je suis presque seul, je prend une barque et fait un tour sur le lac, franchement fameux. Je suis entouré de murailles de roche noires et brunes essentiellement, recouvertes de verdures par endroits, le tout a 360 degrés! Le spectacle de ses hautes dents sortant tous droit de l'eau est majestueux, les flancs du cratère qui donnent dans l'eau sont souvent recouverts d'anciennes coulées séchées, noirs, blanches, ou rouges... La couleur de l'eau change aussi parfois avec les percées du soleil, le lac devient vert grâce aux bancs d'algues qui traînent par endroits. Quelques bulles d'air ou de gaz remontent a la surface aussi, drôles de ballade que de naviguer sur un cratère... "aller reste calme petit volcan hun..". J'en profites pour faire une petite sieste sur le canoë a défaut de m'être levé tôt, jusqu'à ce que j'entende un grondement... mon ventre! Le retour contre le vent est une vraie bataille!
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| Ouste les gars, bu balais! |
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| mmmh. Ok, pas mal, je valide. |
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| Les fameuses algues magiques |
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| Canoe de compete un peu, numero 1 ! |
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| Compete qui devient sieste.. |
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| Lave sechee qui a terminee sa course dans le lac |
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| "Pas evident" |
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| Lave qui se transforme en or? C'etait pas du cote du plomb qu'il fallait chercher les gars! |
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| Le couleur du lac qui evolue avec les algues et le soleil |
Je sympathise dans la montée avec un bon vieux rosbeef, nous parlons foot évidemment. J'échange ce grand gaillard contre un local qui me dit être un artiste, il me propose de voir sa galerie,
Vamos! Je suis assez déçu en fin de compte de tomber sur son stand d'attrapes-touristes,
por tu mama, por tu mama! C'est gentil de penser a elle va... Haha décidément ici on en veut a l'argent ici, déjà que le type du canoë a tenté de m'entourlouper et de me faire payer le double de prix, et que la famille de l'auberge a tentée de me faire payer un thé sois-disant gentiment offert! Bref alors que je m'apprête a faire le tour complet du cratère, une brume épaisse apparaît et apporte avec elle la pluie qui ne cesseras qu'au petit matin. Condamne a attendre dans ma piole, je profite du poils de la famille pour bouquiner un peu avec le plus âgé des garçons présents (ils sont 7 frères, que du bonheur!), celui ci a 14 ans et veux devenir guide. Je lui assure qu'il doit apprendre l'anglais dans ce cas,
"muy bien por Buisness chico!". On finit par regarder Avatar en anglais sur une mini-télé (étonnant dans cette cahute si primaire, mais même dans les endroits les plus recules, les gens semble attache par cette boite a images!), jusqu'à ce que l'électricité se coupe... hehe victorieux et indémodable bon vieux bouquin!
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| passionnant poele |
Je finis par sortir sous la pluie a force de tourner en rond dans cette cabane pleine de fumée. Je rencontre alors un couple d'anglais qui abrite sous un porche de bambou et de paille avec leur vélos. Ils voyagent depuis déjà 2 ans! Ils sont partis d'Alasca, et il descendent jusqu'en Terre de Feu! Mon projet fou initial, a pied il m'aurais fallu 10 ans peut être! Ils m'indiquent aussi un groupe de français retranchée dans une auberge, ma foi il faut bien tuer le temps, je m'incruste! Il s'agit en fait d'une belge et son copain argentin, une française, et français, tous bien sympathiques et bien hippies (comme beaucoup de baroudeurs d'ailleurs). On part dans une discussion sur cette fameuse drogue
Ayahuasca (en Quechua, le
Vin e l'Ame) beaucoup utilise dans en Amérique latine par nombres de chamans (notamment dans les région d'amazonie) pour soigner des traumatismes et l'aide d'hallucinations. L'un des effets est notamment le vomissement, drôle de méthode pour soigner, mais visiblement la méthode parait être très efficace comme très destructrice si le chaman n'est pas bien forme a l'analyse des hallucinations. Le client doit en effet être suivis pendant toute la durée de l'hallucination par le chaman qui interprète et explique ce qui se passe, plusieurs séances sont souvent recommandées. Certains cas de mort ou de folie définitive ont été reportées, notamment quand les personnes revenaient dans leur pays totalement déboussolées car le traitement n'était pas terminé. Que Dieu m'en garde, je n'essayerais pas!
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Les effets nefastes de la Ayahuasca ?
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Je retrouve ce petit groupe le lendemain matin a 5h30 pour admirer le levé de soleil sur le cratère et son lac noir d'encre. On voit les deux sommet Ilizna Norte et Sur au loin dont le chapeau est blanc, ainsi qu'un morceau du dôme blanc du Cotopaxi. Et dire que je peinais la-bas il y a deux jours!
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| Ilizna Sur et Norte (g. a d.) |
Je redescend alors sur Zumbahua vers 7h30 pour le marche. J'y goûte notamment le fameux (et l'unique) fromage de brebis frais et blanc trempe dans du miel, pas mal mais loiiiiiin rien que d'un camember premier prix français! Je file donc sur Banos, une ville parait-il très "chilly" (idéale pour prendre du bon temps quoi)!
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| Non ce ne sont pas des bananes mais des bananes plantains. Et ça se fait cuir ça, comme des patates, comme des chips! |
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| Des bananes? En veux-tu en voila! |
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| Alors ca... les bananes rouges, une autre sorte? |
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| On peut aussi acheter des cohons et des brebis sur ce marche. |
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| Chacun son cochon, et proportionnel a la taille bien sur! |
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| Je suis mort a force d'enchaîner les levés a 5h... Les termes de Banos arrivent a point nommé! |