Le sillon secret pour me suivre...


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mercredi 1 mai 2013

Sommet Vallunaraju - 5686m

22 Avril 2013

En rentrant du trek Santa Cruz, nous avons décidé de nous requinquer avec Arthur et les filles. Une énorme tartiflette est de la partie, et une bonne bouteille de rouge! Le fromage n'est pas ce qu'il y a de plus idéal car il est très sec mais un peu de bonne volonté et nous voila en compagnie d'une bonne bande de coréen joyeux en train de "festoyer"! Sur un coup de chaud (je suis encore drogue au doliprane) nous fonçons en boite de nuit péruvienne avec le jeune fils du propriétaire, très drôle. Arthur tente avec son sois-disant charme français et ses yeux bleus "infaillibles" de danser la salsa avec une jeune locale... pas trop mal! Bon quand même la fatigue du trek et la maladie sont la, nous rentrons plus qu'épuisé a l'auberge.

 Je me suis repose 3 jours finalement, nous aurons un peu de retard sur le "programme" mais la maladie ma clouée au lit je n'ai pas le choix. Enfin de compte nous allons revoir notre sommet a la baisse, au lieu du Pisco qui est une ascension non technique mais physique, nous allons faire le mont Vallunaraju une centaine de mètres plus bas, et qui se fait seulement en 2 jours. Avant cela, nous irons nous entraîner un peu a l'escalade de glace. Nous voici donc partis pour 3 jours.





Huarraz



Jour 1 :

Long voyage en bus ou je retombe notamment sur deux allemandes croisées en Colombie, décidément... petite planète. Nous arrivons a un refuge tout neuf et vide mais nous ne pouvons y dormir, trop cher. Le propriétaire nous dégote donc quand même une petite case avec qui doit servir de grenier, avec de vieux lits superposés. On ne refuse jamais un matelas!

Nous filons ensuite en direction du glacier pour aller attaquer de la glace. Celle-ci n'est pas bien fraîche, recouverte d'une fine couche de terre souvent, normal c'est l'avant du glacier, celui qui est en première ligne et qui vient s'écraser et râper la terre. Le jeune guide (d'ailleurs adorable) nous dégote une pente qu'il s'emploie a nettoyer, décrocher les rochers en équilibre alentours, sécuriser l'endroit avec une vis a glace. L'exercice est intéressant, quoique facile.
La pente de glace


Arthur sereint

Explications techniques.




Le guide.


Comment on utilise ces machins??

Bon bah c'est partis!


Au moins on ne dort pas dans la tente...


Nous sommes rentres au refuge, il tombe a présent des trombes d'eau dehors, espérons que ce seras mieux demain... Nous jouons aux cartes donc toute la fin d'après-midi, il n'y a souvent que ça a faire en montagne ici en fin de journée.

Jour 2 :

Nous partons au petit matin, 3 heures nous séparent du camp de base. Le pas rapide quoique prudent, nous grimpons vite et atteignons les premières neiges, glissantes dans les pierriers. Nous arrivons enfin dans une légère brume que le soleil perce de plus en plus, au camp de base. Nous avons mis 2 heures, tout va bien la forme est de retour! Nous voyons sur les coup de 10h30 le danois (qui était avec le groupes d'allemands) qui arrive seul sans son guide... un surf sous le bras. ARF! Si j'avais su qu'on pouvait louer une paire de ski! Le reste du groupe n'arriveras qu'une heure plus tard, il a mis vingt minutes pour descendre! J'y penserais pour mon 6000 en Bolivie.
Marche d'approche franchement raide et foireuse dans un chemin de boue.

Premieres neiges. Et jolie doudoune!



Bon ensuite... on grimpe ca en gros. On peut camper la dedans?

Et oui on peut camper!



Les cuisiniers restent au camp de base, nous allons prendre la tente de ceux qui descendent, rien a monter!


L'ami danois.


Bref nous allons devoir attendre 1 heure du matin avant le levé. Jouons aux cartes! Deux autres types allemands arrivent aussi avec leur guide au camp de base, deux frères, ils nous joignent jusque la pluie arrive. La pluie se transforme progressivement en grêle! Nous nous réfugions rapidement sous la tente, il n'est que 2 heure de l'après-midi. Ça promet pour le sommet... La grêle s'intensifie, frappe la tente sauvagement, les boules gelées s'accumulent sur las flancs de la tente a présent, il grêle des heures... Nous continuons a jouer coincés dans la tente, coincés dans l'attente. J'en profite pour interviewer l'ami Arthur une bonne vingtaine de minutes sur son expérience dans la foret amazonienne avec le chaman.

La grele s'accumule en enormes paquets progressivement,la tente manque de s'ecrouler. Mission dehors oblige.





Rustre personnage.


Martien qui decouvre le piolet.... Craquage.

Expedition deterrage de la tente!


Le temps de calme enfin.


C'etait donc pour ca toute cette neige? Pourquoi pas.



La tente devenue un igloo.

Il y a maintenant une couche de 10 cm de grêle au sol, totalement improbable! Après ce soleil! Puis voila que l'averse se transforme en neige, des paquets s'accumulent sur la tente, transformant la tente igloo... en véritable igloo. Vers 6 heure, le temps s'est calmé, le ciel se redécouvre a nouveau, les nuages sont partis se coincer sur d'autres cimes, enfin. Nous voila avec une couche de 30 cm de neige, a peine croyable. Le soleil se couche, et projette alors ses lumières jaunes, oranges, rouges, bleutées sur un paysage blanc et vierge a nouveau... Spectacle saisissant, autant que le froid qui tenaille pieds et mains. Nous mangeons rapidement debout au clair du croissant de lune qui apparaît, et rentrons fissa dans nos "appartements".


Paroie hostile.

Apres la Lune et Mars en colombie. Voici Neptune. Ma traversee d'amerique du sud se transforme en traversee des planetes. 







Bon ca va, on a compris, c'est beau.





Histoire de se "rafraichir" un peu!



Bon...bah bonne nuit.


Jour 3 :

Levé 1 heure comme prévu, petit déjeuner léger, mais boisson chaude sucrée, il va en falloir de l'énergie! Départ le sac presque vide a 2h30, nous avons tout laisser dans la tente comme prévu. Piolet en main, nous avançons dans le noir, suivant le guide, au hasard des rochers caches sous la neige fraîche. L'air est pur comme jamais, la lune timide ne suffit pas a compenser ma frontale fatiguée pas le froid et les expéditions précédantes. Toujours changer ses piles avant un sommet, maintenant je sais.

Le départ est compliqué car il évolue dans une pente rocheuse quasi sans prises, un vrai mur d'escalade! Je ne sais si c'est vraiment le bon chemin mais le passage s'avère technique avec des gants au doigts, seul de piolet s'agrippe. Nous avançons donc dans un tintement de fer, de crissements, prudents comme jamais, a quatre pattes. Nous arrivons enfin au glacier, chaussons nos crampons et filons droit dans la pente poudreuse, créant notre trace avec quelques peines, zigzaguant entre quelques crevasses. Ces dernières ne sont pas très impressionnantes et toujours bien visibles heureusement. Enfin il semble, car c'est la le vice de la crevasse, quand elle est cachée! Nous évoluons assez vite en cordée, le guide devant, Arthur derrière moi, le souffle de plus en plus court, logique. Quelques pauses de temps a autres et nous repartons, garder le rythme, c'est la clé. Arthur semble épuisé derrière moi, je sens souvent la corde qui se tend et je dois m'arrêter, mais çà le pousse aussi a avancer. Il semble avoir mal au pieds dans ses chaussures cramponnables de location. Nous Voyons la ville de Huarraz s'éclairée derrière nous au loin, un quadrillage bien rectiligne d'habitations dominées par des loupiotes baignant la ville du lumière jaunâtre. Je plonge dans mes pensées, bon moyen d'évoluer un pied devant l'autre sans réfléchir a l'effort. Jusqu'à ce que le jour pointe le bout de son nez, je relève la tête en semble distinguer dans la pénombre le sommet. Nous grimpons alors une corniche bien raide, a coups de piolet et crampons et débarquons sur la crête qui mène au sommet. De ce cote-ci le spectacle d'une brochette de pointes gelées est saisissant! Arthur arrive derrière moi épuisé et s'affale de tout son long sur le sol en criant victoire. Le guide fait croire un instant a Arthur que nous sommes au sommet, et il tombe dans le panneau... mauvaise blague! Le vide s'offre de chaque cote de la crête, Arthur a un peu le vertige, il veut rester la mais après quelques mots de motivations nous repartons, le sommet est a portée de main a présent. Nous atteignons un dôme... qui en cache un autre... C'est toujours comme ça un sommet? On croit l'atteindre et il recul au dernier moment? Au deuxième dôme, nous y sommes enfin. je peux enfin crier VICTOIRE! Il est 6 heure pile, nous avons donc mis 3h30 au lieu des 5 heures prévues. Le soleil est encore timide, sa lueur ne nous baigne pas encore de rayons chauds, le vent violents et glaçant ici, nous restons 5 minutes au sommet le temps de prendre quelques photos. L'appareil d'Arthur est gelé, mes mains n'en parlons pas, je tiens moi piolet sous le coude. N'empêche que les sommets de la cordillère blanche sont a nos pieds! Un paysage comme on en voit seulement a cette altitude nous est offert, nos yeux boivent l'information visuelle sans se lasser.

5686m! Summit!



Le chemin de crete.



Le dome finale.

Les allemands un loin. Notre moteur francais etait plus puissant les gars, desole!

Passage delicat.




Le depart effectue dans la nuit... pas evident. Arthur le descend sur les fesses comme un taubogan.


Comment se cramer la peau.

 C'est le froid qui nous rappel a l'ordre. Nous entamons alors rapidement la descente, tout les trois cotes a cotes, croisons le groupe d'allemands a une heure du sommet, courrons dans le champs de neige vierge qui s'offrent a nous pour se réchauffer, tout en papotant avec le guide. Arrivée au camp de base a 7h15, les cuisiniers somnolent encore, sous un soleil déjà brûlant qui se réverbère dans le blanc et fait fondre la paysage de minutes en minutes. La montagne fait ressortir sa roche, changement de peau comme un caméléon! Vers 10 heures après une bonne soupe et une bataille de boule de neiges avec les guides et cuisiniers, nous repartons jusqu'à la camionnette qui nous attend tout en bas, sur le bord de la route. Je gambade comme un joyeux luron, La maladie a disparue, et j'ai un nouveau 5000 en poche.

Petite mousse... Amplement meritee!!




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