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dimanche 12 mai 2013

Macchu Pichu par le Salkantay Trek

Du 24 - 29 Mars 2013

Nous avons donc décidé avec Arthur de partir sans  mules et sans guide, faire le Salkantay Trek en 4 jours, pour rejoindre le cinquième jour... le fameux Machu Picchu, l'immanquable.



24 Mars - au soir du départ :

Nous sommes vraiment "a l'arrache", il est 18 heures et rien n'est près. Nous filons faire des courses dans un super marche Mega. Il est situe près du Terminal Terrestre (la gare de bus) dans un coin un peu mal famé. Un local nous conseil de faire un détour par une artère plus grande pour éviter un mauvais coup... "Ah, gracias senior!" Les courses sont faites a la va-vite, essentiellement des pâtes a cuire en 3 min, des nouilles chinoises, ... de la grande gastronomie! Le réchaud oblige. Retour a l'auberge pour la préparation du sac, que l'on tente d'alléger au maximum. On est aussi aller acheter une petite bouteille de gaz en plus dans une agence de tourisme ainsi qu'un billet de bus pour le retour de Hidroelectrica a Cuzco. Les gens de l'agence nous regardent avec de grands yeux ronds lorsqu'ils apprennent que l'on compte y aller sans guide ni mules... et sans cuisinier non plus.
- "Estamos Frances senior, no necessitamos un cocinero!"
- "Y borritos?" (les mules)
- "Soy bennito El borrito! Jaja!"
Bref nous allons lutter mais c'est comme ça que je considère l'aventure ma foi!




25 Mars :

Le réveil sonne sur mon téléphone, il est 4h40 du matin. Malheureusement c'est la dernière fois que je verrais mon téléphone, il disparaît peu de temps après, comme beaucoup de choses en Amérique Latine cela reste un mystère! Nos sacs sont près et nous partons directement chercher un taxi pour prendre un minibus jusque Mollepata, petit village perdu qui est le départ du trek. Nous attendons depuis déjà 30min que le mini-bus colectivo parte mais le chauffeur attend que le mini-bus soit plein, nous partons donc négocier avec un taxi et trouvons deux autres passagers. Au final on gagne 1h30 pour le même prix, et les autres passagers nous sont même reconnaissants! L'organisation péruvienne c'est quelque chose...
Petit déjeuner a base d'un plat de pâte en arrivant, nous rencontrons ainsi deux américaines qui avaient payées pour le trek de l'inca (très cher) mais qui se retrouve sur le Salkantay car leur trek est tombe a l'eau... Pas de chance, mauvaise agence, et rien ne leur ai rembourse bien sur! Avant de partir je passe devant une balance et nous avons l'idée de peser notre sac avec Arthur... 15kg pour Arthur! Le mien est sûrement plus léger... 18kg!! "Et beh, ça va être gâteau ce trek!".

Nous évoluons donc doucement mais sûrement, le sac bien charge, sur de petits chemins dont nous demandons sans cesse la direction au début.Nous dépassons quelques mules et quelques groupes tout de même, le programme d'aujourd'hui c'est 19km et une dénivelée de 2900 a 3850, pour 8h heures de marche officielles. Nous marchons bon train largement entraîné et acclimate par les trek et sommets précédents. Nous arrivons alors vers 1h de l'après-midi a Soraypampa, 3850m, après près de 1000m de dénivelée et surtout quelques derniers kilomètres sur une route harassante de chaleur. Nous aurons mis 5 heures. La tente montée, une petite bière en main pour se récompenser, nous regardons le soleil décliner progressivement derrière la première cimes enneigées du trek, le Huamantay a 5902m. Des hordes de touristes arrivent au compte goutte vers 5h pour s'installer un peu plus loin heureusement.

En pleine forme!

"Un litre de biere, ca te tente?"

Plutot bien.



Huamantay, 5902m!


26 Mars :

Se mouvoir dans la petite tente de trekking nécessite toute une organisation. Chacun son tour nous effectuons des mouvements précis pour atteindre des affaires, s'habiller, ranger, puis je sors le premier, Arthur me donnes les affaires et s'extraie ensuite. La gymnastique est programmée, parfaitement huilée des le début! Petit déjeuner a base de porridge et de lait en poudre histoire d'avoir quelques chose qui tienne au corps pour la longue journée qui nous attends. Nous filons lorsque les premiers rayons du soleil atteignent la pleine herbeuse, l'herbe se dégèle, les ruisseaux s'activent, les oiseaux gazouillent... tout le monde revis! Il est 8h pile et nous filons bon train dans la vallée verte couronnée de neiges éternelles. Nous rattrapons malgré nos 18 kilos plusieurs groupes et attaquons alors une sérieuse montée qui sillonne une pente, de gauche a droite. Je met les bouchées doubles et commence a grimper comme un bourriquet sans m'arrêter, un pas devant l'autre, je suis déterminé a manger cette montée qui s'annonce suante... Je dépasse progressivement les plus rapide du groupe, Arthur a décidé de prendre son temps, et j'arrive sur le replat quelques minutes plus tard essoufflé mais satisfait! Nous continuons a quelques distances l'un de l'autre, j'ai le pas long ce matin, et je sens que le col ne peut m'échapper, sacre bleu!! Je débauche enfin sur un grand ensemble de cairns et un panneau Paso Salkantay... Déjà!!? Le plan sommaire que nous avions indiquait 4 heures de montée, et je m'attendais a ce que le col soit bien plus loin... 800m de dénivelée plus tard, j'aurais mis 1h45 en fin de compte pour atteindre les 4650m, malgré ces satanés 18 kilos qui commencent a virer mes muscles fessiers. Ici et la des groupes de gens s'accumulent, on sent tout de même que le Machu Picchu est une sacre attraction a touristes pour ameuter autant de gens sur un trek pareil (beau mais bien moins impressionnant que la cordillère blanche!). J'espère que la carotte en vaut la chandelle, l'avenir le dira!

Comme une fourmis au milieu de la masse rocheuse.


Les lacets difficles... on etait tout en bas de la vallee, tantot!

"Depasses moi, meme pas en reve!..."



Des centaines de cairns s'accumulent au col.

El Borrito!





In the pocket!



Nous entamons alors la descente, une looongue descente. Changement de rapport de vitesse dans les jambes, j'ai enclenché le mode "je-prends-cher-aux-genoux" et nous voila en train de dévaler la pente comme deux sagouins insouciants... Nous arrivons alors dans une large pleine, quelques cahutes sont disposées ça et la, on y trouve même des tiendas (petits magasins)! Boire un coca frais a 4000m dans un endroit pomme comme jamais, ça n'a pas de prix... ! Nous faisons chauffer l'eau de nos nouilles chinoises (ma foi plutôt goutue!) et repartons. La cavale dure un bon moment, nous dépassons un nouvelle caravane de mules a pleine vitesse, puis petite pause pour enfiler un short. En effet ici le paysage change radicalement, nous sommes passe d'un paysage purement minérale a un vaste début de jungle, des bananiers rythment nos pas, et quelques plantes se laissent fleurir abondamment lorsque nous arrivons a bout de forces (et de nerfs) au campement de Collpapampa, 2900m. Il était temps! Nous venons d'enchaîner 800m de dénivelée positive avec 1700m de dénivelée négative... sur des airs de musiques... les jambes en compotes, les genoux cagneux, les pieds en feu! "madelons madelaine euuuh...". Petite bière méritée dans un hamac le visage offert aux derniers rayons solaires... que du bonheur! Nous avons même le luxe d'une douche glaciale! Après quelques jeux de carte avec une petite fille du village vraiment maline, nous abdiquons contre un sommeil imbattable.
Le repos du guerrier.

Poule curieuse.

Salle de bain 5 etoiles.


27 Mars :

Nous sommes repartis comme toujours a bonne allure, mon sac commence a s'alléger avec la diminution des rations alimentaires. Nous devons marcher sur une route poussiéreuse pendant 23 bornes et en principe camper au village de la Playa, sauf si nous arrivons a tirer plus loin. Peu de choses a raconter de cette longue marche sur un faux plat, a part quand j'ai largue Arthur sur quelques kilomètres et que je le vois finalement me dépasser... assis a l'arrière d'une moto avec son gros sac, un petit coucou en guise de courage. Je rage! J'arrive finalement a la Playa vers 11h, Arthur m'y attend sagement avec une superbe excuse : "j'avais une contraction au mollet vieux!!" Basta! Je me suis fais avoir, un point c'est tout. Nous dégotons alors un pick-up qui veuille bien nous amener jusqu'au village de Santa Teresa 25 km plus loin sur une piste de terre sans aucun intérêt pour la marche, et nous voila trimballé a l'arrière une bonne demi-heure. D'ici nous embarquons dans une camionnette remplie de sacs et de péruviens, en direction de Hidroelectrica, départ pour la fameuse ville du Machu Picchu, Aguas Calientes!

Mmmh... Plus rapide comme ca...

A travers les bannaniers.


Nous suivons a pied alors les railles du train qui sillonnent la foret et découvrons petit a petit des montagnes comme des dunes allongées en hauteur, recouvertes de végétation, et dont les parois rocheuses font envie a tout grimpeur. Je distingue parfois sur le hauteurs de ses monticules rocheux, quelques pierres accumulées, trop droite pour être naturelles, des ruines incas non connus du publics? Un trésor cache? Un trek sur ses pointes pourrait s'aventurer particulièrement agréable pour tout passionne de découverte archéologique... Peut être quelques péruviens y vivent encore même? La route continue longtemps, nous ne comptons plus vraiment les pas depuis le début de ce treks, il suffit ici en plus de suivre les rails, pas besoin de chercher le chemin. Le train bleu du Peru Rail nous dépasse, nous devons nous serrer sur le fin chemin qui le longe... tout a fait pour prendre le train ici décidément! Nous arrivons finalement a Aguas Calientes, petite ville très touristique certes, coincée entre 3 falaises et en équilibre sur le bord d'une rivière brune déchaînée! C'est un très beau spectacle, l'eau semble raviner les hauts murs qui protègent la ville. Nous dégotons un petit hostal pour une quinzaine de soles, excellent prix et impossible de trouver mieux dans un endroit pareil, je m'attendais a bien pire. La chambre est simple, mais le bonheur du lit est un luxe pour nous avec en prime le Machu Picchu en grand dans la chambre (comme si on ne l'avais déjà pas assez vu), et nous avons même une douche... chaude! Avec vue sur la rivière qui déferle plus que jamais, les dieux incas doivent s'y réfugier quand ils sont en colère...
Le fameux pont...

... et le fameux train.


Aguas Calientes. Pas chaude l'eau pourtant.

Nous nous hasardons dans les rues, sans cesse interpelle par des petites bonnes-femmes qui nous font miroiter leurs pizzas a des prix sois-disant record... Nous nous prenons au jeu des négociations tout en sachant que nous irons cuisiner dans la chambre, drôle de jeu, surtout quand elles apprennent que nous sommes français "Ohh Pariiiis, voulez-vous couchez avec moiii, haha" , bien sur c'est pour rire! Enfin... je crois.






Ca bronze! Ca brule!


Super romantique...!

28 Mars :

Petite grasse-mat' pas de trop, nous avons bien fait de nous presser, nous pouvons "farnienter" aujourd'hui avant le Machu Picchu. Nous partons donc tester les termes du coin des le réveil... tout a fait agréable, et nous refaisons le monde avec d'autres étrangers, notamment un couple d'Afrique du Sud assez marrants. Le soir venu, nous décampons et allons au camping qui est voisin de l'entrée du Machu Picchu, nous serons les premiers comme ça a l'entrée aucune envie de faire la queue. Petit resto' comme prévu pour fêter tout ça, grosse pizza, pisco sour, et une bonne bière pour digérer, le tout très bien négocié, je commence a être un rapace dans le domaine! Nous rentrons au campement, et bavardons avec cinq chiliennes et argentins qui ont prévu de ne pas dormir avant le site archéologique... ils voyagent toujours d'une façon bien particulière eux! Bon réveil 4h30, nous chassons les chiens errants qui entourent la tente, Arthur prends un fou rire quand il me voit pourchasser les cabots pieds nus dans l'herbe et en caleçon, je mets bien 30 min a m'en débarrasser...




Le baroudeur est un personnage toujours a "l'arrache"... "dejeunons sur un banc!"


Arthur en proie a la folie di Pisco sour!

29 Mars :

Nous sommes aux portes du pont d'entrée, il est 5h pile, une trentaine de personnes lampes frontales calées sur la tête attendent déjà. Nous grimpons rapidement les marches, hautes comme un incas parfois (ce qui fait un bon mètre) il y a 400m de dénivelée a faire. Nous sommes rapidement en tête il me semble, et arrivons le souffle court aux portes d'entrée du site. Nous sommes les premiers, il n'est que 5h45, mais déjà un bus, puis deux, trois... remplient de touristes débarquent, nous voila avec une longue file derrière nous! Il n'est que 5h50 du matin! Sacre attraction tout de même... On sent l'excitement dans l'air, pourtant "il flotte"... Ce fameux petit crachin breton et nous voila trempé. A 6h pile les portes ouvrent nous entrons doucement dans l'atmosphère des ruines recouvertes d'une brume épaisse. On n'y voit goutte a part les gouttes, et cette poisse me faire rire, mais en même temps la brume donne un certain charme au site qui se découvre progressivement sans révéler tout ses joyaux d'un coup. Du haut du Huayna Picchu, la brume semble se déchirée et le soleil apparaît enfin lorsque nous sommes redescendus, pour nous offrir alors le spectacle magique... malgré les marées humaines qui affluent sans cesse.

Il n'est que 5h50...


Pas mal la Machu! Et dire qu'on en fait tout un fromage...

Ca s'precise...

Un incas?

Ca c'est du bloc de pierre...

Perdu dans les ruines...


Super imitation d'Inca... Le ridicule.. ne tues pas encore.

Bon j'avoue, on craquait severe ce matin... Impossible de le faire me cracher a la figure comme Tintin!

En haut du Huayna Picchu.




Faut pas tomber la.







Aller, il en faut bien un de cliché cliché.



Le retour a Cuzco est long, nous dévalons a pied jusque Hidroelectrica pour sauter dans un minibus qui mettras 7 heures... coinces a l'arrière comme une sardine!

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