Si la vie humaine n'a pas de prix, nous agissons toujours comme si quelque chose dépassait, en valeur, la vie humaine... mais quoi ? Vol de nuit - St Exupery.
Nous sommes le 12 Février, et j'ai la chance de pouvoir fêter mes 23 ans a l'autre bout du monde. Merida est un petit bout de ville typique des montagnes, comme Grenoble, c'est la capitale des Andes au Venezuela. Petite maisons colorées et bâtiment de style colonial sont de la partie, mais l'on trouve plusieurs bâtiments très modernes aussi. Visiblement, cette ville est plus riche, plus propre, et plus développée que les précédentes malgré ses 250 000 habitants. C'est une ville de montagnard, cela se sent sur les visages marques par le soleil puissant des cimes et les discussions passionnes d'aventures montagneuses que j'ai l'occasion d'expérimenter. Mais c'est aussi une ville très tournée sur l'international, les gens prennes le temps de parler de façon a ce que tout le monde puisse comprendre, et cette ville possède le plus grand nombre de Posada (auberges) du Venezuela, excepté Caracas certes. Je tombe sous le charme et je décide d'y rester une semaine.


Il y a dans cette région de très nombreux "picos", sommets a plus de 4000m. Dans le Parc National Sierra Nevada, on trouve le Pico Espejo et sa grande vierge blanche, le Pico Humboldt connu pour sa beauté et son glacier, et le Pico Bolivar culminant a 5007m d'altitude. Apres de nombreuses recherches, je ne trouve personne pour me suivre sur le
Pico Humboldt, sommet mythique du Venezuela et deuxième sommet le plus haut puisqu'il monte a plus de 4940m ! Bref c'est une expédition qui dure 4 jours et 3 nuits, mais le carnaval viens de se terminer, la ville se vide petit a petit, la période n'est donc pas idéale.
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| Traitement architectural de la façade inspirant. |
Je rencontre alors Alex, jeune allemand de 24 ans étudiant en journalisme qui me propose un treck sur 3 jours et 2 nuits avec l'ascension du Pan a Azucar (pain de sucre) dont la crête agrippe les 4700m d'altitude! Une jeune tchèque de 26 ans se joint alors a nous, Barbara, qui semble assez sceptique de devoir porter un sac de 15kg sur 1100m de dénivelé le 1er jour... Allons, ça n'a jamais tue une mouche, sacre bleu! Le Pan a Azucar quand a lui fait parti du Parc National Sierra de la Culata, connue pour sa végétation désertique et ses lacs. C'est un sympathique guide allemand de 52 ans arrivé a Merida il y a 25 ans et franchement hippie sur les bords qui nous emmèneras! Il nous promet qu'il a le plus beau bureau dont on puisse rêver, ma foi comme tout guide, je le crois. Il fait en moyenne cette ascension une fois par semaine, il connaît bien le terrain. Nous partons donc le mercredi 13 Fevrier, 4 compères a l'arrière de la jeep avec le matos nécessaire. Il faut savoir que faire de l'alpinisme dans les Andes est foncièrement diffèrent que dans les Alpes. Déjà, on commence aisément a un sommet vers 3000m d'altitude ici, alors qu'en France plutôt vers 1500. Ensuite, les cimes sont très peu enneigées ici, quelques soit la saison, seul le pico Humboldt et pico Bolivar ont cet avantage. La végétation s'arrête a environ 4200m en plus ici... a cette altitude on n'est plus bien loin de la cime du mont blanc ou la végétation a depuis longtemps disparue au profit de l'unique élément minéral!! Enfin, peu de routes sont praticables ici, les marches d'approches sont très longues et il faut souvent plusieurs jours avant d'atteindre le camp de base. Les sacs des montagnards des Andes sont par conséquents souvent énormes (aisément 100 litres!), "bonjour-la-galère" a plus de 4000 lorsqu'on tente de reprendre son souffle... et pas de mules non plus ici pour aider! L'autonomie complète demande donc des efforts en plus, alors les petits 15kg de Barbara, on sait déjà sur qui ils vont terminer, mais c'est le jeu!
Les Andes venezueliennes se différencient des "autres" Andes car ce sont les plus vieilles montagnes du continent Américains selon les géologues, et aucune n'est volcanique. Au chili par exemple on trouve plutôt de "récents" volcans. Cette si mythique
Cordillère des Andes évoquée dans le
petit prince ou
vol de nuit par l'ami St Exupery... Aaaah, les ANDES!
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| Guide, colonel moutarde |
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| Alex dans l'élan |
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| Barbara |
Jour 1 : Marche d'approche jusqu'au camp de base. Départ 9h, 7h de marche. Je découvre les quasi uniques plantes qui poussent dans ce désert : les Frailejones sortes de grandes Edelweiss des Andes qui grandissent de 1 cm par an, on peut s'en servir pour faire du thé, comme éponge pour la vaisselle, de matelas et même d'isolant! Bref une plante idéale. On trouve aussi un magnifique arbre, le Coloraditos, qui se tord dans tout les sens, comme si chaque centimètre gagné a cette altitude demandait un effort insupportable et que l'arbre se tordait de douleur. L'écorce rougie ajoute encore de la force a cette impression de souffrance, rendant le végétal encore plus beau dans sa lutte... Certes, je suis sensible a cette arbre!!
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| Frailejones en phase terminale |
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| Hubert a l'occaz, fait une capuche avec ça! |
Finalement j'arrive le 1er au camp et j'en profites pour faire le zouave et monter la tente de Barbara. A 4100m je ne ressens pas plus la difficulte a respire mais je sens les veines de mon crane qui battent fort et m'en donner la migraine.
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| camp de base |
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| THÉ TIME |
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| Diner TIME |
Jour 2 : La nuit a été longue, couche 7h30 peu après le soleil car il n'y a rien d'autre a faire a cette altitude, il fait dans les négatifs dehors, la vieille tente ne permet de stabiliser qu'a 2 degrés, au moins les bouteilles ne gèlent pas dans la tente. Je n'ai que rarement aussi bien senti mon crâne, le sang qui y circule palpite si fort que je ne fermerais pas l'oeil de la nuit. Au moins on se sent vivant! Quoique..
Si les insomnies d'un musicien lui font créer de belles oeuvres, ce sont de belles insomnies. Vol de nuit - St Exupery.
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| le sommet |
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| pente faisable en surf des sables. |
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| On reprend son souffle! |
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| Mineral a perte de vue. |
Pour se remettre, café maison (le café du Venezuela est particulièrement exquis et bon contre le mal des montagnes car chargée en caféine comme les médicaments). Grand beau temps, tout le paysage s'est ouvert a nous, nous l'avons mérite après cette nuit de confort sommaire. La cime du Pan a Azucar ne semble pas loin. On l'appel pain de sucre car il est constitué essentiellement de roches qui s'effritent. La descente promet d'être rapide et glissante! Si seulement j'avais mes skis... Deux brésiliens ont déjà fait cette descente en surf des sables parait-il. 3h de montée jusqu'au sommet pour s'entendre crier . CUUUUUUMBRE! (Summit!). Ça, c'est fait. Je rêve déjà des 5000 et 6000 que j'aurais l'occasion d'approcher en Équateur!
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| CUMBRE |
Descente comme prévue rapide et glissante, presque grisant de voir les 3h de montée avalée par la gravité en moins de 10 minutes... On remonte? Non, nous devons aller plier le camp de base, et faire encore 4h de marche jusqu'au prochain camp a 4200m près du superbe lac Laguna Carbonera (rien a voir avec Carbonara a mon grand désespoir! Touti PASTA!). Je pars devant car d'après le guide si j'ai le pas rapide, mieux vaut que je garde mon rythme, ça me fatigueras moins. J'attends a chaque col, perché sur un rocher, les yeux plissés sur l'horizon et le Pico Humboldt dont le manteau blanc me nargue. A la prochaine!
Jour 3 : La nuit fut plutôt bonne, je commence a m'acclimatiez, je dors 2h jusqu'à ce que je me réveil, trempé, j'ai chaud! c'est le comble... La nuit était claire mais très humide car nous sommes a cote d'un lac. Vous dites, un lac en montagne mais pas de neige? En fait ici, le sol est souvent recouvert de mousse, comme d'énormes éponges allant du vert au rouge en passant par le jaune, dorée, cuivre... Bellissimo! Lors des grosses pluies, ces éponges absorbent pour rendre l'eau en période sèche, futées ces montagnes! Bref la tente est trempée, mais les étoiles sot nombreuses dans le ciels a cette altitude. Au matin, le soleil entreprend de dégelée l'herbe, les parties a l'ombre restent blanches, c'est beau.


4h de marches nous séparent du point de RDV de la jeep qui nous ramèneras a Merida. Malheureusement, pendant 3 heures assez epiquent, nous attendons, le guide est partit chercher du signal car la jeep n'est pas la, le brouillard se fait épais, des os de chevaux et de vaches traînent partout autour de nous, les chiens blancs sauvages en sont les acteurs.
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| La jeep inespérée fend enfin le brouillard. |
Cet homme éprouvait, en face de sa vie passées, le tranquille contentement du menuisier qui vient de polir une belle planche : "Voila, c'est fait". Vol de nuit - St Exupery.
Premier treck dans la cordillère des Andes, bref, *camesemblepasmal.
mythique. Beu tes danses me manquent!
RépondreSupprimerHaha j'espere bien faire un buzz avec cele ci, je la repeterais sur chaque pic, peut etre qu'elle devidendras plus connue que gang man style truc chouette la...
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