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dimanche 24 mars 2013

Alpinismo y COTOPAXI

Le Cotopaxi est un Volcan de 5897m  le deuxième plus haut sommet d'équateur après le Chimborazo a 6300m. Ce n'est pas un 6000... mais presque! Il faut prendre en compte sa hauteur dans la difficulté de l'ascension car l'altitude est un facteur déterminant. Le Cotopaxi possède un glacier, ce qui en fait un sommet technique, bien que considéré comme "peu difficile" techniquement parlant en alpinisme. Nous devons trouver des crampons, des piolets, des baudriers, des vêtements étanches et chaud, des chaussures dignes de leurs crampons, un casque chacun... Condor trek pourvois a nos besoins, tout le matériel de location pour 2 jours. Nous hésitons a prendre un guide, mais l'ascension se fait tout de même dans des conditions difficiles et parfois techniques. Marko n'a aucune expérience en haute montagne, et je ne me vois pas l'emmener sur un glacier avec moi, même si il est possible de suivre un autre groupe a mon avis.

L'ami Marko

Nous embarquons donc avec notre guide, très peu bavard, très peu aimable, dommage. Je ne me souviens même pas de son prénom, a tel point ce dernier est distant... La jeep file donc, nous atteignons le parking du Parc National du Cotopaxi, dans un endroit très minéral. En effet le sol est recouvert de poussière, et de cailloux volcaniques, noirs et rouges. La jeep s'arrête, nous sortons et commençons a grimper en vue du refuge a 4865m pour y passer la nuit.  (dormir au sommet du mont blanc, et puis quoi encore...?). Il neige. Marko a mes cotes, le guide légèrement devant, ses écouteurs dans les oreilles, encore. Le neige commence a se fixer, et a mesure que l'on monte on atteint les "neiges éternelles". Un renard des montagnes de la taille d'un gros chat se ballade, seul trace de vie ici. Nous voici au refuge, au programme déjeuner-sieste-dîner- sieste et levé a minuit pour commencer l'ascension. Nous aurons donc 1100m de dénivelée positive a grimper a plus de 5000m dans la nuit entre les crevasses. Il est prévu 7h de montée, 3 h pour redescendre, donc en principe de retour a 10h au refuge.

Petite croix, prends soin de nous la haut!

La base du Cotopaxi

Sombre avenir



Pour la posterite, si jamais c'etait la derniere....

Melange mythique de pierre volcanique et de neige


Sympa les shoes... ou mions on me perdera pas de vue pendant l'ascencion meme sous la tempete!

Un petit mal de crane se fait sentir, ainsi qu'une légère douleur au ventre, espérons que ça passeras. Nous dînons a 5h30, 3h après avoir déjeuné, je n'ai absolument pas faim, mais le guide a l'air pressé d'en terminé avec nous... relativement désagréable. Le paysage dehors se découvre progressivement, quelques clichés et nous rentrons en hâte dans le refuge pour plonger sous le duvet. Avec la nuit le froid se fait plus mordant, mais reste supportable. Il est 9h du soir, tout le monde dort, de mon côte la douleur au ventre s'est intensifiée, impossible de fermer l'oeil, et dans 3h on part! Vite il me faut un peu de sommeil un cachet de Diamox plus tard (contre le mal montagne) et me voila dans le sommeil du juste. 




precieuse chaleure


le refuge

le renard

C'est donc ca le Cotopaxi?


brrrr. vent glacial.


11h30, du soir. La chambre s'active, les autres grimpeurs se lèvent et se préparent. Nous montrons avec nos sacs presque vide, juste le matériel nécessaire pour atteindre le sommet. Je ne sais pourquoi mais notre guide a décidé de partir a 1h du matin seulement, peut être pour avoir le chemin "libre" quand nous avancerons. Nous sommes donc seul, les autres cordées sont a presque une heure de nous déjà. Nous entamons la marche d'un pas lent, treeees lent. Le guide mène la marche, logique, mais son rythme est épuisant de lenteur, impossible de se caler, je dois faire rois pas et attendre qu'il avance. 2h de calvaire. Nous avançons dans la neige, je commence a prendre son rythme comprenant que je vais m'épuiser si je fais la tête de mule a garder mon rythme entre-coupé. Dans la sombre nuit a présent étoilée, on distingue au loin des éclairs puissants a intervalles réguliers, sur les sommets environnants Le notre est calme, la voie est libre. Nous avons atteint le glacier, de grands séracs blancs se détachent légèrement du noir dans la nuit d'encre, on distingue avec peine les contours, et nous continuons d'avancer a la lumière de la frontale, avec les crampons a présent.

De bas en haut, crampons, chaussures, guettres, pentalon etanche.

On zig-zague entre les lèvres parfois béantes des crevasses ouvertes un peu partout. Le chant du vent qui siffle entre les stalactites glacières s'éteint dans les profondeurs mystérieuses de ses mâchoires dont on ne réchappe pas. La pente est a présent plus raide, le rythme lent prend tout son sens, la lente mécanique est en marche, incessante et épuisante : un pas devant l'autre, le piolet en main plante tout les 3 pas, la corde tendue entre le guide, Marko et moi-même. Les heures passent, je me réfugie dans ma tête pour pallier a la répétition incessante de mes pas métalliques sur la neige. Les séracs se font plus nombreux, plus déchiquetés, plus grands, plus impressionnants et surtout plus dangereux. Le terrain est accidenté, nous longeons parfois des remparts de glaces, attaquons des murs gelés a l'aide du piolet et des pics avant des crampons, nous aventurons dans des couloirs, de grottes de glaces, contournons des blocs en équilibres, arpentons des traces tortueuses qui trouvent un moyen d'échapper au danger, parfois en bondissant par dessus la crevasse. Corde TENDU!


Petite pause numero ...?


On voit au loin, dans une pente imaginaire, des lumières en fils indienne qui avancent doucement, les autres cordées. Enfin petit a petit, en vue du dôme finale, le jour encore timide se montre entre les lamelles nuageuses a l'horizon. Et l'ampleur du spectacle se révèle, a mesure que la pente forcit encore. Il y a 30cm de neige fraîche ce qui rend l'ascension encore plus difficile. Nous sommes dans la pente finale menant au sommet, raide a 45 degrés environ, une avalanche ici nous engloutirais dans les crevasses légèrement en contrebas. Nous attaquons cette forteresse, dont les murs paraissent interminable. Les pas sont de plus en plus lent. Un arrêt s'impose tout les 3-4 pas, reprendre son souffle, se concentrer su les prochains pas, voir petit, ne pas regarder en haut, avancer sans cesse. Effort de tout les instants, combat a la fois physique et mentale, le temps se dilate, tout est plus lent ici, j'ai l'impression d'être coincé sur cette parois depuis 3 jours. Le jour d'abord bleu, devient plus claire, quelques rayons de soleil percent enfin. Nous faisons demi-tour sur une cinquantaine de pas, le guide a tenté un "raccourcis qui rallonge", en effet la quantité de neige rend la marche plus difficile, dans une pente a 55 degrés faire la trace devenait complique, voir dangereuse car le soleil a fait son apparition et va s'activer a réchauffer le neige. Ce guide ne me plaît décidément pas, il n'a pas enlever ses écouteurs depuis le début de la marche, il marche seul dans une cordée de trois. Un guide? Si c'est ça l'esprit montagnard en équateur, très peu pour moi! Mai ne faisons pas de généralités. Nous forçons un peu le rythme, nous sommes a bout de souffle, il doit être 6h, et nous sommes a 5500m a présent.



Le guide


Marko


 Nous atteignons le sommet a 7h30, le souffle très court, voir sans souffle du tout, après avoir cru atteindre le dôme au moins cinq fois, tout a fait tuant pour le moral! "YEEESSS. SUMMIT!" Une bonne poignée de main avec Marko, la délivrance du sommet superbe qui domine le cratère noir et le paysage environnant. "5900m Marko, we did it! It's quite a performance when you think that Quito is at 2800m and we were there yesterday!"

On dirait un gros Donut de sucre glace trempe dans un chocolat chaud. Miam,


Chimborazo, 6300m





Mais attention, un sommet n'est vaincu que lorsqu'on en redescend vivant! Il est alors 8h, le soleil chauffe fort a cette altitude, peu importe l'horaire, et le glacier va rapidement devenir dangereux. Nous serions parti une heure plus tôt du refuge nous serions tranquille, mais la il va falloir s'activer rapidement. Je descend en tête de cordée, le guide me dit d'accélérer, je cours presque! Je tente quelques cliches malheureux a la volée, la montée dans la nuit peu propice a la photographie! La neige se fait lourde, des paquets gros comme des miches de pain s'accumulent sous les crampons rendant l'accroche impossible, il s'agit de courir en équilibre, merci l'entraînement a la slack line de cet été merci Juliette! Nous transpirons a grosses goûtes tandis que nous dévalons la pente, je m'arrête souvent pour attendre Marko qui souffre de cet effort intense, la chaleur est insupportable sous les couches laineuses et le casque, et je sens bien que le glacier fond a grande vitesse. Je suis moi même a bout de force, quand nous réchappons de ce traquenard et sortons du glacier, il est 10h. C'était l'enfer la haut, mais pas l'enfer noir que l'on imagine, celui ci est blanc immaculé, vicieux, il montre quelques mâchoires acérées, et il est en mouvement constant, attirant de loin, mais sur place a vous geler pour toujours (pourquoi parles-t-on de brûler en enfer et non d'y geler?).

La descente

Les murs de glaces que l'on distingue mieux a la descente a present.




Le glacier vivant, terrible.


Une machoire

Les passages sous la glace emprunte a l'aller

A 400m du sommet

Marko qui chute une enieme fois a cause de la neige transformee.

Fou de guide qui se ballade sur le glacier seul pendant la pause pour truver un autre "raccourcis".


Quelques dernières glissades sur le neige sans les crampons cette fois-ci, et nous sommes au refuge a 11h. Je ne rêve que d'une chose, une douche chaude a Quito! Mais il me faudra changer d'auberge, 2 semaines sans douche chaude, celle ci me tend les bras, et je compte bien les attrapé, les bras!

Salude por el Cotopaxi! Ca, c'est fait...

Apres l'effort, le reconfort.

5 commentaires:

  1. Juste incroyable de voir ça ! Bravo pour cette rando et ce super article. Je suis ce blog avec beaucoup de plaisir!
    Judith, une amie de Juliette

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  2. Comme quoi les traquenards ne sont pas que chez Francis. T'es quand même un grand malade de faire un truc pareil. En tout cas bravo et tes photos sont toujours aussi canon!
    François

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    1. Hehe ouai comme quoi... :) J'espere que tout se passe bien de ton cote, le bonjour a Sarah, courage pour les exams! (j'ai cru comprendre que ya des exams e ce moment..)
      A bientot!

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